
GNR ET ENGRAIS : DES ANNONCES INSUFFISANTES
La porte-parole du gouvernement a annoncé, jeudi 21 mai 2025, la prolongation pour les trois prochains mois de la prise en charge de 15 centimes d’euros par litre sur le Gazole Non Routier (GNR). Pour les engrais, la Ministre de l’Agriculture essaie d’obtenir une aide européenne.
Ces nouvelles annonces restent très insuffisantes ! La hausse du GNR se situe entre 60 et 80 % pour tous les paysan.nes. 88 % des exploitations agricoles utilisent du GNR. La charge de GNR est une charge constante pour les fermes agricoles. Elle représente 3 % des charges et s’élève en moyenne à 8 732 € en 2024.
La grande distribution et les industriels refusent de rouvrir les négociations commerciales alors que les coûts de production ont augmenté à cause du conflit au Moyen-Orient.
En bovin viande, les prix des animaux ont chuté entre 200 à 350 € par bovin. Les cours des produits laitiers ont connu un repli important sur les six derniers mois et les charges flambent (+ 19€/1 000 litres) avec la guerre au Moyen-Orient.
Le rapport de la commission d’enquête sénatoriale montre les pratiques abusives de la grande distribution au détriment des paysan.nes et des consommateurs. « Les stratégies commerciales, qui combinent des objectifs de rentabilité, positionnement concurrentiel et attractivité commerciale, conduisent à une construction du prix souvent déconnectée des coûts réels des produits. »
La commission a mis en évidence un contournement des lois françaises en particulier les lois EGalim. En effet, les centrales européennes sont devenues l’outil favori des distributeurs pour contourner la loi française au profit des droits étrangers.
Nous revendiquons :
- La réouverture des négociations commerciales avec l’instauration des prix minimums garanti par l’État,
- L’application d’un coefficient multiplicateur sur l’ensemble des produits alimentaires,
- Le blocage du GNR à 1 euro pour les fermes familiales pendant la crise. Le niveau moyen de consommation des exploitations creusoises est de 11 000 l/an ce qui représente environ 90 l/ha (statistiques issues des données de demande de remboursement de GNR réalisées auprès de la DDFIP).
- La limitation des marges des distributeurs de carburant,
- Le blocage temporaire des prix de l’énergie.
Angoulême, le 22 mai 2026
Valérie CHABRERIE
Vice-Présidente du MODEF National
06-79-57-38-55