FCO : nouvelle souche, nouveaux problèmes dans le Gard

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La Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) est une maladie virale à ARN qui touche les ruminants, ovins et bovins. Elle se transmet par des moucherons piqueurs (Culicoïdes). Au 6 octobre, la France comptait plus de 600 foyers de FCO dans 13 départements. Des premiers cas avaient été déclarés en août dans le Sud du Massif central, atypiques par l’intensité des signes cliniques et la mortalité associée. La maladie est aussi présente dans certains pays limitrophes : dans les Pays-Bas elle progresse rapidement, avec 812 foyers au 9 octobre (+396 en une semaine), et plus récemment en Suisse ou en Belgique.

L’ANSES a indiqué assez vite qu’il s’agissait d’une nouvelle souche de sérotype 8, distincte de celle présente en France depuis 2015. L’origine de cette nouvelle souche reste indéterminée. Les études en cours semblent confirmer que les vaccins existants contre le sérotype 8 restent efficaces contre cette souche. Pour autant, la vaccination est à la charge des éleveurs, ce qui n’avait pas été le cas en 2015. À l’époque, la vaccination, non obligatoire, était prise en charge par l’État.

Dans le Gard, la situation est très délicate pour les éleveurs qui sont livrés à eux-mêmes dans ce département très viticole. Tout d’abord absence totale de communication ou d’information de la part des services de l’État.

Les vétérinaires sont peu disponibles et n’ont pas mis en place de moyens pour accompagner la profession face à la maladie. Plusieurs éleveurs ont dû amener eux-mêmes leurs animaux chez le vétérinaire car celui-ci refusait de se déplacer pour faire les prises de sang.

De nombreux élevages se retrouvent sans vaccin, les vétérinaires étaient en rupture de stock ! Au Sommet de l’élevage, le MODEF avait alerté le Ministre de l’Agriculture sur le manque de vaccins dans ce département. Les premiers vaccins sont disponibles depuis une semaine, soit un mois après les premières contaminations ! C’est un vaccin de sérotype 4-8 en une injection avec un délai d’action de 20 jours, ce qui veut dire que pendant encore un mois les troupeaux seront encore exposés à la maladie.

Le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de notre département n’a, pour le moment, pas apporté de solutions ni techniques ni financières aux éleveurs, malgré les sollicitations nombreuses. Aujourd’hui, plus d’un mois après les premiers cas il n’y a toujours pas de réelle organisation du département pour accompagner les éleveurs. Finalement c’est la solidarité entre les éleveurs qui permet de faire circuler les informations sur les traitements, les cas connus, mais aussi pour ne pas rester seul face à la maladie du troupeau.

Face à ces constats, le MODEF exige une communication d’urgence des services de l’État pour connaître le nombre de bêtes touchées et une concertation entre les services de l’État, le GDS du Gard, les vétérinaires et les syndicats agricoles pour pouvoir répondre efficacement aux éleveurs. Il faut rapidement mettre les intervenants autour d’une table pour parler des dégâts financiers, des pertes de cheptel, du coût des prises de sang pour analyse et de la vaccination.

 

Angoulême, le 23 octobre,

Le Vice-Président du MODEF National

Frédéric MAZER