Recensement agricole : stoppons l’hémorragie

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 Selon le recensement agricole, la France a perdu 100 000 exploitations agricoles en 10 ans et 108 000 chefs d’exploitation, coexploitants et associés actifs. Aujourd’hui, un exploitant sur quatre a plus de 60 ans et 58 % des chefs d’exploitations et co-exploitants ont 50 ans, un chiffre en augmentation de 6 points depuis 2010.

Les chiffres présentés par le ministère de l’Agriculture sont catastrophiques. L’installation de jeunes et nouveaux agriculteurs devient un enjeu prioritaire, sachant que dans 5 ans, 270 000 agriculteurs vont partir à la retraite. Des outils d’accompagnement à la transmission doivent être proposés aux agriculteurs plusieurs années avant leur départ en retraite, d’autant plus lorsque le système d’exploitation demeure viable.

On compte aujourd’hui une installation pour deux à trois départs à la retraite. Ce nombre faible d’installation n’est pas lié au nombre de jeunes qui s’intéressent au métier mais à la faiblesse des revenus qui ne permettent pas de vivre décemment de ce métier !

 Le MODEF revendique :

  • Une politique de revenu par la mise en place d’un prix garanti et fixé par l’État,
  • L’installation progressive et le portage de foncier agricole par les collectivités territoriales et SAFER,
  • La mise en place d’une subvention départementale et régionale à destination des chefs d’exploitations en fin de carrière pour aider à transmettre leur exploitation,
  • Un prêt à taux zéro plafonné à 30 000 € pour tout projet d’installation,
  • Une politique des structures qui mette un terme aux agrandissements intempestifs,
  • Une politique de partage du foncier par la SAFER avec un système de location-vente. Mais pour assurer sa mission, elle doit être dotée de moyens qui lui permettent de stocker des terres en vue d’une rétrocession à un jeune. Les SAFER doivent par ailleurs être dotées de moyens juridiques et financiers en bannissant leur rôle d’agent immobilier,
  • Une exonération totale sur les droits de succession lors d’une installation agricole,
  • Une exonération totale de la taxe sur le foncier bâti et non bâti pendant 5 ans pour les nouveaux installés.
  • Une politique d’assouplissement des règles permettant d’obtenir les aides à l’installation en repoussant la limite d’âge à 45 ans,
  • Une politique d’accompagnement pour les cédants pour favoriser la transmission,
  • Une révision des programmes scolaires agricoles et générales dès la maternelle afin de présenter toutes les formes d’Agriculture.

Si le gouvernement ou les prochains candidats à la présidentielle ne mettent pas l’installation agricole au cœur de leurs réflexions, c’est la mort inéluctable de l’Agriculture française.

 

                                                                      Angoulême, le 10 décembre 2021

                                                                         Le Secrétaire National du MODEF

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