Les éleveurs tirent la sonnette d’alarme

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Les éleveurs en viande bovine, ovine, caprine et de lapins sont très inquiets avec des prix à la production en baisse alors que la consommation dans les GMS repart à la hausse ! Le MODEF est très en colère, en effet certains responsables appellent à retenir les animaux en ferme alors que la France est déficitaire en viande bovine de 687 millions d’euros, ovine de 678 millions d’euros et ne dégage qu’un excédent commercial en viande porcine.

Garder les animaux en ferme ne permettra pas d’obtenir des prix minimums garantis mais une augmentation des charges d’alimentation. Les éleveurs s’attendent à une nouvelle sécheresse car le déficit de pluie commence à se faire sentir dans certains départements. Les prix du foin et de la paille flambent déjà alors que la récolte n’a pas commencé.

La filière veau de lait sous la mère est très impactée avec une baisse de l’activité de 35 %. Cela s’explique par l’arrêt total des commandes passées par les restaurants qui privilégient une consommation de qualité et aussi par le recul important de l’offre proposée aux consommateurs dans ses circuits d’achats habituels.

Par rapport à 2019, les cotations en jeunes bovins ont baissé de 2 % alors que la consommation dans les GMS repart à la hausse. Les viandes piécées ont progressé de 14 % tandis qu’elles atteignent + de 33 % en viande hachée et bondissent pour les viandes surgelées de 75 %.

À Pâques, tous les maillons de la filière ovine semblent avoir joué le jeu pour écouler des agneaux avec un manque à gagner de 20 €/agneau. Habituellement, les ventes de Pâques sauvent les producteurs de chevreaux mais cette année, à cause du COVID-19, le compte n’y est pas. Le manque à gagner s’élève à 5 € par chevreau ! Des éleveurs cunicoles se retrouvent en difficultés notamment par la perte de débouchés dans la restauration hors domicile et l’exportation.

Le MODEF exige :

– Un prix plancher d’achat pour chaque production agricole. Ce prix plancher tient compte de l’évolution des coûts de production en fonction des bassins de production et des revenus des producteurs de chaque filière agricole,

– L’activation du Fonds National de Gestion des Risques Agricoles (FNGRA) par le biais du régime des calamités agricoles afin d’indemniser les exploitants qui sont confrontés à des pertes économiques en raison du coronavirus,

– Un stockage public de l’Union Européenne de la viande française,

– L’application de l’article 23 de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux qui prévoit qu’un coefficient multiplicateur entre le prix d’achat et le prix de vente des fruits et légumes périssables peut être instauré en période de crises conjoncturelles définies à l’article L. 611-4, ou en prévision pour toutes les productions agricoles,

– La réouverture des cantines scolaires pour préparer et faire du portage de repas pour les familles en difficulté,

– La mise en application de l’article L.236-1 A du code rural et de la pêche maritime dans lequel « il est interdit de proposer à la vente ou de distribuer à titre gratuit en vue de la consommation humaine ou animale des denrées alimentaires ou produits agricoles pour lesquels il a été fait usage de produits phytopharmaceutiques ou vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la réglementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même réglementation »

– La réouverture des restaurants au 1er juin avec une exigence d’achats de produits français.

 

Angoulême, le 20 avril 2020

Le Président du MODEF National,

Pierre THOMAS

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