Stoppons l’artificialisation des terres agricoles

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La FNSAFER a publié le 23 mai son rapport annuel sur les marchés fonciers ruraux 2018. Cette étude est très inquiétante avec une hausse de 10 % des surfaces urbanisées, une hausse annuelle de la surface moyenne par exploitations au détriment des petites et des moyennes et un prix des terres élevés à 5 990 €/ha en moyenne.

Le MODEF tire la sonnette d’alarme ! Entre 2000 et 2016, un quart des exploitations agricoles a disparu et aujourd’hui un quart des chefs d’exploitations a plus de 60 ans. Il est urgent que le gouvernement prenne à bras le corps la question du foncier agricole car les exploitations sont devenues intransmissibles et le modèle de l’Agriculture familiale risque de disparaitre. L’urbanisation et la spéculation, rendent le foncier de plus en plus inaccessible aux jeunes et aux exploitants familiaux. Dans les années qui viennent, prenons garde que notre pays ne devienne pas un désert agricole, comme dans le reste du monde, où de grands groupes, directement liés au complexe agro-industriel, considèrent la terre comme un nouveau placement financier.

Pour constituer des réserves suffisantes de puits carbone, il faudrait stopper l’artificialisation des terres agricoles (extension de l’habitat, des routes, des parkings) qui grignotent chaque année environ 50 000 à 60 000 hectares de terres agricoles, soit l’équivalent de la surface agricole moyenne d’un département en 4 années ! Les terres agricoles ont perdu 6,9 % de leur surface en trente ans soit environ 2 millions d’hectares. Le MODEF affirme que ces pertes de surfaces agricoles ne sont pas acceptables et tout doit être mis en œuvre pour stopper cette érosion afin de préserver la biodiversité et limiter les gaz à effet de serre. L’implantation des énergies renouvelables grignotent également des terres agricoles comme par exemple la mise en place d’une éolienne c’est plus de 2 000 m2 de terrain. Le MODEF n’est pas opposé aux énergies renouvelables mais il souhaiterait que celles-ci soient localisées dans des friches industrielles (zone abandonnée, terrain militaire …).

En France, de nombreux terrains agricoles sont laissés à l’abandon et sans entretien. Les friches agricoles représentent une baisse de la productivité agricole et un vrai risque en cas de feu de forêt, elles s’enflamment très vite. Aujourd’hui, dans le Lot et Garonne il est recensé 13 000 hectares de friches agricoles. Idem pour le département de l’Aude mais le Préfet du département a lancé depuis un an une lutte contre les friches agricoles. Le MODEF souhaite que les friches agricoles soient réhabilitées en terres agricoles et que la spéculation foncière soit stoppée, première cause de développement des friches dans les territoires.

L’accès au foncier est l’un des plus gros freins à l’installation, le MODEF demande le renforcement du contrôle des structures afin de mettre un terme aux agrandissements des exploitations, l’intervention de la SAFER sur toutes les ventes de parts sociales de structures, de doter les SAFER de moyens financiers qui lui permettent de stocker des terres en vue d’une rétrocession à un jeune et de développer le système de location-vente.

Pour le MODEF, la terre doit rester prioritairement au service de la souveraineté alimentaire et ne doit pas devenir un objet de spéculation et de rente. Il s’avère impératif que sa fonction de production agricole puisse rémunérer le travail de celui qui exploite la terre, qu’il soit propriétaire exploitant ou fermier exploitant.

Angoulême, le 24 mai 2019

Le Président du MODEF national
Pierre THOMAS
06 87 43 97 95

Confédération nationale des Syndicats d’Exploitants familiaux

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