Des prix plancher pour les éleveurs

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L’observatoire de l’endettement et des trésoreries des élevages bovins laitiers et allaitants, montre une situation toujours critique avec 40 % des exploitations laitières et 13 % des élevages en bovins viande endettés à long et moyen terme et une trésorerie nette globale négative.

Le MODEF a déjà, depuis longtemps, tiré la sonnette d’alarme et demande instamment que soit amendé, le projet de loi sur « l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable ». Dans un contexte de crise agricole, le gouvernement se doit d’apporter des réponses concrètes et cesser d’user de mesures d’accompagnement conjoncturelles. Le cœur du problème, c’est le prix payé aux producteurs, et cela est fondamental. Le constat est sans appel, les prix d’achat de la production agricole subissent une pression constante à la baisse, alors que les charges opérationnelles ne cessent d’augmenter. Les revenus des éleveurs ont chuté, plongeant ainsi des milliers de paysans et leurs familles dans la pauvreté. L’Agriculture est devenue par voie de conséquence, le premier secteur d’activité touché par le suicide.

Le MODEF exige des mesures législatives à l’échelle nationale et européenne en exemption des règles de la libre concurrence européenne pour fixer des prix planchers rémunérateurs garantis pour les produits agricoles en fonction de l’évolution des coûts de production. Ces prix pourraient être définis en fonction du rapport de l’observatoire de la formation des prix et des marges, de l’Institut de l’Elevage, France AGRIMER … Le seul moyen de supprimer les marges abusives de l’agroalimentaire et de la grande distribution, c’est l’application du coefficient multiplicateur et le respect d’un calendrier d’importation correspondant aux besoins de la France. Le principe du coefficient multiplicateur est simple, l’État et la profession agricole, fixent un coefficient, sous la forme d’un taux plafond entre le prix d’achat au producteur et le prix de vente au consommateur. Pour une efficacité optimale, cette mesure doit être appliquée à toute la chaîne des intermédiaires.

Concernant la contractualisation, les éleveurs bovins allaitants, refusent la contractualisation car, ils estiment qu’ils ne pourront pas assurer le volume exigé par les leaders de la viande, ni connaître exactement le prix et le poids d’un taurillon, 2 ans et demi après avoir signé le contrat.

La solution MACRON est d’ouvrir les marchés de libre-échange entre le MERCOSUR et le CETA. Le MODEF pointe et dénonce une contradiction notable entre ce projet de loi qui prétend à un « rééquilibrage de la relation commerciale entre producteurs, transformateurs et distribution au profit des paysans » et l’orientation présidentielle vers un système de plus en plus libéral en ouvrant les portes aux, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Canada, pour importer massivement de la viande bovine en Europe. Une contradiction qui ne figure évidemment pas dans le texte de loi.

Le MODEF, considère qu’il est vital de réguler les marges et les pratiques de la grande distribution et l’agroalimentaire. Cela garantira un revenu pour les paysans, des prix accessibles pour les consommateurs et maintiendra une Agriculture capable d’assurer l’autosuffisance de notre pays. Le MODEF exige du gouvernement et dès aujourd’hui, des réponses concrètes, pour une Agriculture rémunératrice, diversifiée, de qualité et à taille humaine. Dans ce sens, le MODEF maintiendra son combat pour des campagnes vivantes.

Angoulême, le 14 février 2018

Le Président du MODEF,
Jean MOUZAT
Tél : 06 80 40 90 67
Confédération nationale des Syndicats d’Exploitants familiaux