Le gouvernement recule sur le paiement redistributif

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Les éleveurs, les maraîchers, arboriculteurs, les petits céréaliers sont de plus en plus exaspérés par les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Ils dénoncent tour à tour la faiblesse des prix, le niveau élevé des charges, les excès de normes et la complexité administrative.

Le gouvernement s’incline face aux demandes de la FNSEA et de la CR et devient complice et servile en annonçant le 27 juillet que la surprime n’évoluera pas. En faisant ce choix, le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation envoie un signal que les exploitants familiaux ne manqueront pas d’analyser comme un manque de courage politique.

La hausse de la surprime est vitale pour le maintien des exploitants familiaux et surtout les éleveurs. Le gouvernement doit prendre des dispositions à la hauteur de la gravité de la crise sous peine de voir les exploitations agricoles entrer dans les procédures collectives de redressement, liquidation judiciaire ou arrêter leurs activités ou mettre fin à leur vie par le suicide.

Outre les difficultés économiques, les agriculteurs en agriculture biologique risquent de se souvenir longtemps de l’année 2016 et 2017 en matière de paiement des aides PAC. Un retard des paiements de plus de deux ans qui placent les exploitants familiaux bio dans une situation compliquée pour gérer leurs exploitations sur des estimations d’aides. Le MODEF dénonce cette situation intenable pour les paysans dont les trésoreries sont mises à rude épreuve. Dans un contexte de crise, il est essentiel pour les agriculteurs d’avoir une visibilité des aides nécessaires pour une gestion à long terme des exploitations. Pour pallier à cette situation, les exploitants familiaux bio ont recours à des prêts de trésorerie vers leurs banques ou coopératives. Ils sont livrés à une spirale infernale où seuls les banquiers et coopérateurs ont le pouvoir de décision. Le MODEF exige de toute urgence le versement immédiat des aides à l’agriculture biologique et des MAEC 2015 et 2016 avant la date initialement prévue début novembre 2017.

Une nouvelle fois, le paiement redistributif a été saboté par la FNSEA, la CR et va pénaliser durablement les petites et moyennes exploitations.

Angoulême, le 27 juillet 2017

Le Président du MODEF,
Jean MOUZAT