Les exploitants familiaux bio sont inquiets

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Depuis deux ans, l’agriculture française traverse une crise profonde que subissent les exploitants familiaux. A cela s’ajoutent les pluies diluviennes du mois de juin et des crises sanitaires (FCO et grippe aviaire). Les revenus des paysans ont diminué de 25 % ces deux dernières années. Les exploitants familiaux et les jeunes installés sont les premières victimes d’une dégradation permanente des prix de vente de leur production.
Pour pallier à la baisse des prix en conventionnel, 3 200 nouveaux producteurs se sont convertis en agriculture biologique sur les cinq premiers mois de l’année. La consommation des produits bio a augmenté en moyenne de 12 %. Le MODEF se félicite du développement de l’agriculture biologique en France mais cependant les moyens donnés au bio ne sont pas à la hauteur.
Dans certaines régions comme la Franche-Comté, les enveloppes à l’agriculture biologique sont déjà consommées au bout d’une année. Les enveloppes en jeu ne permettent pas de satisfaire les objectifs que le gouvernement s’était fixé c’est-à-dire 20% de la SAU convertis en bio en 2020. Ce signal politique est incohérent pour une agriculture qui concilie production alimentaire de qualité et respect de l’environnement et qui est au coeur de l’agro-écologie. La répartition des aides européennes concernant l’agriculture biologique est trop faible. Face à ces contradictions, les paysans en agriculture biologique se sentent embrouillés et expriment leur incompréhension et leur colère. Le MODEF demande d’attribuer 500 millions d’euros pour les conversions et 250 millions d’euros pour le maintien sur 5 ans. Le MODEF revendique l’application du plafonnement des aides au maintien et à la conversion bio dans toutes les régions avec le même montant des aides.
Le MODEF dénonce la rétroactivité des aides au maintien et à la conversion bio pour la campagne PAC 2015. Les paysans seront tenus de rembourser le différentiel au regard des nouveaux plafonds. Les exploitants familiaux en bio sont très inquiets et le MODEF craint que cela puisse mettre en péril leurs exploitations, les filières agricoles bio et de mettre à mal les emplois qui en découlent. Compte tenu de la situation des exploitants familiaux, le MODEF réclame que la rétroactivité des aides au maintien et à la conversion bio ne soit pas appliquée. Les pratiques des paysans bio et leur maintien sur le territoire sont les leviers incontournables pour tendre vers une agriculture plus respectueuse des hommes et de l’environnement.

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