Sécheresse, il faut penser plus loin…

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La menace du changement climatique n’est pas un fantasme, mais une dure réalité pour les agriculteurs de France, notamment les éleveurs.

En Creuse, le déficit pluviométrique est de -20% à ce stade pour le mois d’août, en particulier dans le Nord-Ouest du département (-50%), sur le plateau de Gentioux et le secteur d’Aubusson. Depuis le début de l’année, 7 mois ont été en déficit hydrique vis-à-vis des normales saisonnières, et l’assèchement des sols est plus marqué avec des températures records, hissant tristement le mois d’août 2022 en 2ème position derrière 2003 des mois d’août les plus chauds connus de l’histoire du département.

À ce jour, 93 départements concernés par une restriction au-delà de la vigilance, sur au moins une partie du territoire : 3 en vigilance, 2 en alerte, 12 en alerte renforcée et 79 en crise. La quasi-totalité des acteurs du territoire français – notamment des agriculteurs – a donc vu ses prélèvements en eau fortement régulés ou interdits. Les cultures de maïs sont parmi les plus touchées, ainsi que les surfaces enherbées. L’assèchement total ou partiel de nombreux cours d’eau a obligé de nombreux éleveurs à mettre en place un abreuvement des animaux par citernes. La Creuse est fortement touchée par cela.

Devant ce constat le MODEF demande, de toute urgence, la mise en œuvre de mesures à la hauteur des sinistres subis et à venir, ainsi qu’une réforme plus juste du système assurantiel, afin de recouvrer la souveraineté alimentaire dans notre pays.

Ainsi, il est urgent de :

  • Redéfinir le mode de calcul des “indemnités calamités” pour la période 2022 incluse, car la moyenne quinquennale sur laquelle s’appuient les calculs empêche souvent le déclenchement du FNGRA pour les secteurs d’élevage.
  • Créer un système assurantiel unique, géré par l’État, et assisté dans sa gouvernance par les syndicats et interprofessions.

Les agriculteurs, les acteurs de l’amont et de l’aval, l’État, et l’Europe, prendraient en charge 25% du financement chacun. Rendre cette assurance obligatoire, à la condition stricte de créer un fond d’aide, permettant de prendre en charge les cotisations d’agriculteurs en difficulté ne pouvant pas s’assurer.

  • Indemniser les dommages à 90 % des pertes subies.
  • Étendre cette assurance aux épisodes sanitaires.

Le MODEF appelle à une refonte – avant mise en œuvre – de la réforme sur l’assurance agricole (MRC), ceci afin de sauvegarder les petites et moyennes exploitations. L’agriculture a de plus vastes desseins que ceux de servir aux profits des entreprises d’assurances. Nourrir notre population aujourd’hui et demain, c’est repenser un modèle socialement juste et partagé, notamment en matières agricoles.

 

Angoulême, le 31 aout 2022

Pierre COURET

                                                                                               Président du MODEF Creuse

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