Les paysans indiens remportent la victoire

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Le gouvernement indien va devoir abroger trois lois de la réforme agricole après un an de manifestations massives de paysans en colère, a annoncé, vendredi 19 novembre, le Premier Ministre.

En effet, ces réformes agricoles avaient été votées en septembre 2020 pour autoriser la libéralisation de l’Agriculture et supprimer le prix de soutien minimal (PSM) garanti par l’État.

En novembre 2020, lors de manifestations de masse, de nombreux exploitants agricoles se sont opposés à la libéralisation des prix qui les obligeait à brader leurs marchandises aux grandes entreprises pour les écouler.

Le MODEF avait apporté son soutien aux fermiers indiens en janvier 2021 et se félicite de cette victoire. Seule la lutte paie ! Nous souhaitons également rendre hommage aux 650 agriculteurs qui ont perdu la vie pendant cette protestation.

En France, depuis des décennies, le gouvernement refuse de mettre en place des outils d’intervention sur les prix. La loi EGALIM est une mascarade car elle n’a pas eu de répercussions sur le revenu des agriculteurs et la loi EGALIM 2 n’aura pas plus d’effets positifs pour les exploitants.

La contractualisation encadrée par les interprofessions ne fonctionne pas et ne fait qu’entériner le rapport de force entre le fort (le marché) et le faible (les paysans). Le rôle des interprofessions est d’offrir des volumes aux acheteurs, notamment aux centrales d’achats, plutôt que de régler le problème du prix payé au producteur.

Le MODEF revendique quatre outils concrets :

  • La mise en place d’un prix plancher fixé et garanti par l’État et non un tunnel des prix comme dans la loi EGALIM 2,
  • L’application d’un coefficient multiplicateur sur l’ensemble des produits alimentaires et aussi sur les produits importés,
  • Un système de régulation des volumes produit par la fixation d’un quota par production,
  • La sortie de l’Agriculture des accords de libre-échange et l’OMC.

Pour le Syndicat des Exploitants Familiaux, les paysans indiens nous ont montré la voie et il faut repenser la politique agricole en renforçant le principe de la souveraineté alimentaire sans dumping.

 

               Angoulême, le 19 novembre 2021,

Le Secrétaire National du MODEF,

Didier GADEA

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