Hausse des prix au 1er février, et un revenu agricole qui ne

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Sur certains produits agricoles, les marges de la grande distribution ont presque doublé en 10 ans au détriment des paysans et des consommateurs. L’agroalimentaire et la grande distribution utilisent les importations à bas prix pour faire pression sur les prix des productions agricoles. Les GMS et l’agroalimentaire considèrent toujours les agriculteurs comme de simples fournisseurs de matières premières.

Aujourd’hui, les français vont constater une hausse des prix sur une partie des produits alimentaires de plus de 6 % voire jusqu’à 10 %. Cette augmentation va être bénéfique à l’agroalimentaire (Danette, Coca-Cola, Caprice Des Dieux, Nutella …) au détriment des producteurs. Le MODEF dénonce l’augmentation constante des prix de vente des produits alimentaires. Pour les consommateurs, l’alimentation a subi une hausse de 3 % par an, allant jusqu’à 13 % pour les produits frais. Certes, la part du budget des ménages consacrée à l’alimentation est passée de 35 % dans les années 1960 à 20 % aujourd’hui. On le sait, la consommation des produits agricoles est directement liée au pouvoir d’achat des ménages et à leur catégorie socioprofessionnelle. Le nombre de français dans la précarité augmente sans cesse, ce qui se traduit par une explosion du nombre de bénéficiaires de l’ensemble des associations d’aide alimentaire. Le MODEF revendique une politique de l’alimentation ambitieuse en soutenant les foyers les plus modestes pour accéder à une alimentation de qualité, saine et durable.

En clair, les producteurs continueront d’être sous-payés même avec le relèvement du seuil de revente à perte à 10 %. Le MODEF exige une interdiction des promotions sur les produits agricoles et la vente à perte. Selon l’association UFC-Que Choisir, l’augmentation du seuil de revente à perte prévue dans la loi sur l’alimentation va provoquer une hausse des prix qui impactera les consommateurs à hauteur de 5 milliards d’euros soit 177 euros par ménage.

Le MODEF demande de prendre des mesures législatives pour fixer des prix planchers rémunérateurs garantis pour les produits agricoles par rapport à l’évolution des coûts de production. Ce prix pourrait être défini en fonction de l’observatoire de la formation des prix et des marges, l’Institut de l’Élevage, France AGRIMER … Le seul moyen de régler les marges abusives de l’agroalimentaire et de la grande distribution, c’est de mettre en place le coefficient multiplicateur et un calendrier d’importation. Le principe du coefficient multiplicateur est simple, l’État fixe un coefficient, sous la forme d’un taux plafond entre le prix d’achat au producteur et le prix de vente au consommateur. Pour une efficacité optimale, cette mesure s’appliquerait évidemment à toute la chaîne des intermédiaires.

Angoulême, le 1er février 2019

Le Président du MODEF,
Jean MOUZAT
Tél : 06 80 40 90 67
Confédération nationale des Syndicats d’Exploitants familiaux