Le prix du beurre s’envole alors que les producteurs meurent

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Depuis la fin des quotas laitiers en 2015, le marché a été libéralisé avec pour conséquence, les cours qui se sont effondrés entraînant la disparition de 6 % des exploitations laitières entre 2015 et 2016. En 2010, plus d’un tiers des exploitations laitières avaient déjà disparu. Les niveaux de revenu des éleveurs laitiers sont dans le rouge. Le plus grand nombre de petits éleveurs se retrouve complètement étranglé et vit dans l’angoisse de l’avenir et ne plus être agriculteur demain.

Avec un prix payé aux producteurs entre 307 et 336 euros les 1 000 litres, ils ne peuvent couvrir leurs coûts de production. Cette situation est intolérable sachant que les industriels laitiers, la grande distribution, avec la complicité des gouvernements des 27 pays européens, ont organisé la pénurie de beurre dont les consommateurs paient les conséquences aujourd’hui. En un an, les cours mondiaux du beurre ont doublé avec une augmentation du prix de 172 % en 20 mois car la demande mondiale en beurre est bien supérieure à l’offre. Le consommateur s’est en effet trouvé face à des rayons vides dans leur magasin.

Favorisés par une politique d’importations à bas prix, les industriels laitiers, la grande distribution, auxquels la loi de modernisation de l’économie (LME) a attribué les pleins pouvoirs, piratent le travail paysan en rackettant producteurs et consommateurs.

Sans une réelle volonté politique, il ne peut y avoir d’amélioration pour nos élevages laitiers mais une mort délibérée et programmée de milliers d’éleveurs laitiers en France. Pour le MODEF, la seule politique possible pour sauver l’élevage laitier français, passe par les mesures suivantes :
· Refuser que les prix agricoles soient fixés par les 10 % de détenteurs de la production mondiale. Cette dernière circule de continent en continent et doit cesser d’être jouée en bourse et notamment à Chicago
· Sortir l’Agriculture de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
· Permettre à chaque pays de décider en toute souveraineté sa politique agricole
· Réintroduire les quotas laitiers afin de réguler la production laitière
· Mettre en place des prix agricoles rémunérateurs garantis par l’Etat en fonction de l’évolution des coûts de production
· Appliquer la clause de sauvegarde sur les importations des produits laitiers
· Encadrer les marges des transformateurs, industriels et de la grande distribution
· Siéger dans les interprofessions notamment le CNIEL

Stop au massacre économique et social des éleveurs laitiers. Le MODEF exige instamment des actes politiques forts pour maintenir au pays les travailleurs de la terre garants de notre souveraineté alimentaire, de la préservation de l’environnement et de la vie sur nos territoires.

Angoulême, le 8 septembre 2017

Vice-Président de la FNJEF
Sylvain BOUSSION
Confédération nationale des Syndicats d’Exploitants familiaux