L’insupportable quotidien des éleveurs face aux loups

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Près de 10 000 brebis ont été égorgées par le loup depuis le début de l’année avec une forte augmentation par rapport à 2015. La population de loups en France est estimée à 380 loups environ par les représentants de l’État alors que la réalité est plus proche des 700. Les loups sont de plus en plus nombreux et leur territoire s’étend sur une trentaine de départements. Souvent protégés de façon irresponsable, ils investissent de nouveaux espaces et prolifèrent, contraignant les éleveurs à parquer de plus en plus les troupeaux, dans des enclos.

La responsabilité de l’État est fortement engagée pour préserver l’élevage extensif, garant par ses pratiques et ses savoirs – faire, du maintien de la biodiversité des milieux pastoraux, en assurant des productions de qualité tels les agneaux labélisés, les AOP, les AOC fromages. Pour des raisons économiques, sociologiques et environnementales, il devient urgent de prendre en compte et valoriser tous ces atouts en donnant les moyens nécessaires au maintien de la vie sur les territoires ruraux et montagneux. Il est important de considérer et respecter toutes ces femmes et tous ces hommes qui vivent dans les espaces naturels, montagneux, occupent et entretiennent ces milieux en produisant une alimentation de proximité et de qualité.

Le MODEF refuse le quota imposé par le Ministère de 36 à 40 loups et exige de fait, une forte régulation de cette population. Dans le rapport de l’Office, la population du loup a augmenté de 22 % avec une hausse des meutes. Le MODEF exige que le loup ne soit plus un animal protégé et à ce titre, le sortir de la convention de BERNE. Le MODEF revendique l’application de l’article L 113-1 du code rural c’est-à-dire « en conformité avec les dispositions des traités instituant la Communauté Economique Européenne, le gouvernement reconnaissant ces rôles fondamentaux de l’Agriculture, du pastoralisme et de la forêt de montagne doit assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l’ours dans les territoires exposés à ce risque. »

En 2015, l’État avait indemnisé les éleveurs à hauteur de 2,5 millions d’euros pour les dégâts causés par ce prédateur. Le MODEF dénonce le récent désengagement envers les éleveurs sous prétexte que les enveloppes auraient été consommées. Dans l’urgence, le MODEF exige une prise en charge à 100 % par l’État, des dégâts causés par le loup (brebis mortes et aussi les avortements sur les brebis).

Pour des mesures à long terme, le MODEF souhaite la construction d’abris en dur pour protéger les animaux et les bergers, à l’exemple du Mont Lozère. Le syndicat insiste sur des actions de piégeages, sous la responsabilité de l’État, pour éliminer les meutes dévastatrices. Il réclame la mise en place d’un réseau d’alertes entre les éleveurs pour transmettre l’information en temps réel en cas d’attaque. Le MODEF demande que les anciens militaires de carrière puissent avoir le droit de tirs pour défendre les troupeaux et les éleveurs face aux attaques de loups.

Membres du Bureau National,
Marylène TARDY et Christian REYNAUD
Confédération nationale des Syndicats d’Exploitants familiaux

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