Pour un véritable prix rémunérateur garanti

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La situation des éleveurs laitiers n’en finit plus d’empirer, jusqu’à devenir insoutenable, en attestent les récentes et actuelles mobilisations d’agriculteurs face au géant laitier Lactalis. En ce sens le MODEF et ses adhérents soutiennent avec respect tous les exploitants agricoles qui luttent courageusement pour défendre la survie et le maintien de leur activité. Il importe néanmoins de rappeler que Lactalis n’est pas le seul groupe agroalimentaire à ne pas proposer un prix suffisant pour assurer la rémunération du travail des exploitants laitiers. La plupart des prix payés aux agriculteurs tournent autour de 26 – 27 centimes le litre cette année. Encore ce mois d’août Sodiaal proposait par exemple 26,7 cents/L pour le lait de catégorie A. D’ailleurs, actuellement et depuis 2015, pas une seule structure de collecte française ne paie un prix suffisant pour permettre aux producteurs laitiers de couvrir leurs cotisations sociales, leurs frais professionnels, et encore moins d’assurer la rémunération de leur travail. Pour preuve, les coûts moyens de production 2015 des exploitations spécialisées pour le lait, hors rémunération, sont de 36 centimes / L. (chiffres 2015 IDELE : institut de l’élevage). Il faudrait ajouter environ 12 cent/ L à cette somme, soit 48 centimes, afin d’obtenir un prix de base rémunérateur à hauteur du SMIC pour ces hommes et femmes qui vont trop souvent cumuler plus de 70 heures de travail par semaine, pour assurer la productivité que leur imposent les industries et coopératives laitières via les contractualisations.

En 1995, la France comptait 160 000 exploitations laitières, fin 2015 les statistiques indiquaient qu’il n’en restait désormais plus que 63 000. Les instances ministérielles ont, elles mêmes, avoué lors d’une réunion cette année, qu’il existe un risque réel à ce qu’en 2020, il ne reste plus que 20000 exploitations laitières sur le territoire national.

Dans ce contexte, le MODEF demande d’urgence au Parlement Européen de jouer son rôle de régulateur par la mise en place d’outils de régulation des volumes produits au sein des états membres de l’U.E. Le MODEF revendique aussi de véritables prix minimums garantis, couvrant les coûts de production et surtout la rémunération du travail des paysans. Pour atteindre cet objectif, l’intervention des pouvoirs publics français et européens est indispensable. La maîtrise des volumes de production passera par l’adéquation de l’offre avec la demande des consommateurs, tant quantitative que qualitative. Le MODEF propose enfin un encadrement des marges des industriels et de la grande distribution avec le coefficient multiplicateur. Dans l’attente d’une nouvelle politique européenne pour le secteur laitier, il faudrait dès à présent une augmentation du prix du lait aux producteurs de 200 €/1000 L pour un prix de base payé au producteur de 470 €/1000 L. Cette somme doit être prise en charge pour 1/3 par la réorganisation de la filière, pour 1/3 par les transformateurs et pour 1/3 par les distributeurs.

Face aux drames humains que provoque cette crise, le MODEF et le Mouvement des éleveurs de nos régions (MNER) entameront cette semaine une série d’actions en Maine-et-Loire. Les drames humains qu’engendre la crise du lait sont devenus inacceptables. Le MODEF invite au rassemblement citoyen des agriculteurs et des consommateurs pour tenter d’obtenir des résolutions concrètes de la part de l’Etat et de l’Europe pour mettre un terme au désarroi qui règne sur l’ensemble de nos campagnes.

Philippe GREGOIRE
Vice Président du MODEF- Président du MNER

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