Nationale

UN RÉÉQUILIBRAGE EST NÉCESSAIRE

Le rapport CHALMIN confirme que la grande distribution, les industries agroalimentaires et les importateurs sont les grands gagnants du partage de la valeur ajoutée créée à partir des produits agricoles, tant le prix de la matière première est bas.

Sur 100 euros de dépenses alimentaires des ménages seulement 7 euros reviennent à l’agriculteur.

Sur 100 euros de dépenses totales des ménages seulement 15€ sont consacrées à l’alimentation et 1 euro revient à l’agriculteur. Autrement dit, le poids des produits agricoles ne représente qu’1% des dépenses des ménages.

Une augmentation de 10% des prix des produits agricoles ne pèserait que 0,1% sur le budget des ménages.

Une hausse des prix agricoles à la production comme le réclame le MODEF n’aurait donc aucune conséquence majeure, si ce n’est celle de mieux rémunérer le travail paysan.

Le MODEF tire aussi trois autres enseignements de ce rapport :

  • Le coût du transport entre le producteur et le consommateur atteint des proportions si importantes qu’il devrait interroger le citoyen et les décideurs politiques et remettre en cause le système de collecte, de transformation et de distribution. Les restructurations et les concentrations des industries de transformation produisent des effets négatifs en termes d’énergie, émission de gaz à effet de serre, de dépenses publiques pour l’entretien des routes et de coût pour le consommateur final.
  • Le niveau élevé des marges brutes des grandes enseignes de la distribution s’opère sur le dos des paysans.
  • L’alimentation de la population française est très dépendante de l’extérieur, en effet 27% de la consommation alimentaire sont assurés par l’importation.

 

Ce rapport et les enseignements qu’on peut en tirer confortent le MODEF dans ses principales revendications :

  • Fixation de prix agricoles minimum garantis et rémunérateurs
  • Encadrement des marges de la grande distribution avec mise en œuvre du coefficient multiplicateur
  • Relocalisation de la production, de la transformation et de la distribution
  • Taxation des transports au-delà une distance à définir
  • Développement de la diversification des productions à l’échelle des exploitations et des territoires.

 

La réforme de la loi de modernisation économique, la future loi d’avenir et la réforme de la PAC seront autant d’occasion pour le MODEF d’influer pour une réorientation de la politique agricole en faveur de l’agriculture familiale et de ses travailleurs.

 

Angoulême, le 14 novembre 2012

Président du MODEF National,

Jean MOUZAT.

 



MODEF - novembre 2012
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